TOPOGRAPHIE DE MILLY - RUES, PLACES ET BOULEVARDS


À l’origine, Milly était établie autour de l’église Saint-Pierre, implantée au cœur de l’actuel cimetière. Cet édifice, dont la construction remonte à une période antérieure au XIIᵉ siècle, constituait le tout premier lieu de culte chrétien de la cité. Incendiée par les troupes anglaises en 1432 durant la guerre de Cent Ans, l'église fut finalement complètement rasée en 1791.

À cette époque reculée, le bourg s’étendait principalement dans la plaine Saint-Pierre, depuis le secteur du Puits-Pâtre (au niveau de l’actuelle rue Pachau) jusqu’à Châtillon, en longeant la côte de Maisse. Des fouilles et aménagements ultérieurs menés dans le cimetière ont d'ailleurs mis au jour, à environ un mètre sous le sol actuel, les vestiges du pavage d’une place et d’une voie antique, ainsi que des sépultures mérovingiennes. Ces sarcophages ont été présentés au public pendant plusieurs années dans le jardin de l'Espace Culturel Paul Bédu.


La commune de Milly était autrefois ceinte de remparts fortifiés et entourée de larges fossés. L'accès à la cité s'effectuait par six portes fortifiées qui comportaient vraisemblablement deux tours chacune, à l'image des dispositifs de défense fréquents dans les bourgs médiévaux.

Aujourd'hui, il ne subsiste presque plus aucune trace de ces portes. Toutefois, les différents plans anciens de la ville ainsi que la mémoire locale transmise de génération en génération permettent d'en localiser précisément les emplacements.

Pour visualiser aisément le tracé de cette ancienne enceinte fortifiée, il suffit aujourd'hui d'emprunter la ceinture de boulevards — Lyautey, Félix-Éboué, Joffre et Foch — qui occupent le tracé des anciens fossés de Milly. Ces derniers ont été progressivement comblés au fil du temps puis, entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle, plantés de magnifiques alignements de tilleuls.



La tour située au n° 24 du boulevard Foch a ainsi été bâtie sur les fondations mêmes de l’une des tours flanquantes de cette ancienne fortification.


Les six portes de Milly étaient donc réparties de la façon suivante :

1 - La Porte du Pont de la Corne ou de St Pierre : Elle se trouvait à coté de l'auberge de la Corne et en face de la rue St Pierre.


2 - La porte de Melun, en face de la rue de Melun, au niveau du Boulevard Lyautey.


3 - La porte de Fontainebleau : Située à l’opposé de la porte Saint-Pierre, elle s'élevait dans le prolongement de la rue Langlois et du boulevard du Général-Leclerc, à l'intersection avec l'actuel boulevard Foch.

4 - La porte de Lyon : Elle se dresse autrefois sur la rue Jean Cocteau, au niveau de l'actuel monument aux morts. La place Gallieni portait d'ailleurs autrefois le nom de « place de Lyon » et abritait une mare. C'est à cet endroit exact que passait l'ancienne grande route reliant Paris à Lyon.

5 - La porte Saint-Jacques : Érigée à proximité de l'ancienne chapelle Saint-Jacques (démolie en 1909), elle se trouvait à la jonction de la rue Saint-Jacques et du boulevard Joffre.

6 - La porte aux Grenouilles (ou porte de Buno) : Positionnée face à l'ancienne rue aux Grenouilles (aujourd'hui rue Farnault), elle présente un intérêt patrimonial majeur : c'est la seule porte dont les fondations de l'une des deux tours ont été conservées jusqu'à nous

Maison construite sur les fondations
d'une des deux tours de la porte aux Grenouilles

Comme le montre ce plan de Milly datant du XVᵉ siècle, deux espaces distincts se dessinent clairement :


La ville fortifiée, dont le périmètre exact correspond à notre ceinture de boulevards actuelle ;

Le quartier Saint-Pierre, un noyau de peuplement plus ancien encore, développé autour du premier sanctuaire chrétien de la cité, et dont l'emplacement correspond aujourd'hui à celui du cimetière communal.

Un des plus ancien plan de Milly et ses environ datant de 1781

Détail du plan de 1781 dédié à Madame la comtesse d'ALLEMANS

Le boulevard Félix-Éboué, dont le tracé a très probablement été réajusté par rapport au tracé originel du fossé, a porté plusieurs dénominations au fil du temps. Anciennement appelé « boulevard de l’Ouest », il fut également désigné sous le nom de « boulevard de la Tour-du-Gobelet », en référence à la tour fortifiée qui s'élevait autrefois à cet endroit. C'est le 3 juillet 1949, à l'occasion de la fête de l'Union française, que la municipalité lui attribua officiellement son nom actuel en hommage à Félix Éboué.


Vue Aérienne de Milly pour situer les Boulevards Félix Eboué et Lyautey

Le boulevard du Maréchal-Lyautey s'étire depuis le boulevard Félix-Éboué jusqu'à la place du Colombier et l'avenue de Ganay. Il porta dans un premier temps le nom de « boulevard du Filoir », en référence à l'activité textile et au filage qui s'y déroulaient autrefois, avant d'être désigné sous l'appellation de « boulevard du Nord ». Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'il fut rebaptisé en l'honneur du maréchal Lyautey.

Boulevard Lyautey photographié vers 1915
au niveau du Carrefour Chagot (Avenue de Ganay)

Boulevard Lyautey photographié vers 1935
au niveau de la rue Maillard

Boulevard Lyautey au niveau de l'école Maternelle construite et inaugurée en 1934

Les Bains douches se trouvait à l'emplacement du centre périscolaire
des 3 à 6 ans et de la cantine de l'école maternelle.
Ils ont été démolis en 1999.

Boulevard Lyautey photographié à partir de la route de Boutigny,
Emplacement ou se termine le boulevard Félix Eboué situé sur la droite.

Ancien Emplacement de la statue de la Fête de la St Pierre
au niveau de la rue de Melun. On appelait également ce boulevard,
"le Boulevard de la fête".  La fête annuelle patronale Saint Pierre
a eu lieu pour la première fois, les 5 et 6 juillet 1857
A noter que sur le fond à gauche de cette photo on distingue
l'ancienne Boucherie "BAUDET - PERROT qui se trouvait
au coin de la rue des Fontaines et au N°5 du Boulevard du Nord  
au début du 20eme siècle.

Statue en bois de saint Pierre, 
toujours utilisée de nos jours
 lors de la foire annuelle de la ville.

Carrefour Chagot à hauteur de la place du colombier vers 1905

Le boulevard du Maréchal-Foch fait suite au boulevard du Maréchal-Lyautey et s'étend jusqu'à la place Gallieni, située au niveau de l'actuel monument aux morts. Autrefois, cette voie portait le nom de « boulevard du Trou », puis de « boulevard de l'Est », avant d'être rebaptisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en l'honneur du maréchal Foch. Sur son tracé, ce boulevard coupe la route de Fontainebleau, face à la rue Langlois.

Carrefour du boulevard du Maréchal-Foch et de la route de Fontainebleau
(Aujourd’hui boulevard du Général-Leclerc en direction de Fontainebleau, 
et rue Langlois vers le centre-ville)

La maison du double crime » (M. Bierne et M. Coubon)
Théâtre d'un fait divers marquant survenu le 18 mars 1906, 
cette demeure est située sur l'actuel boulevard du Maréchal-Foch. 
L'auteur de ce double meurtre n'a jamais été identifié, 
et le crime est demeuré impuni. 

La place de Lyon en 1907
On aperçoit sur la droite du cliché le portique
 d'entraînement des sapeurs-pompiers.

À l’emplacement du monument aux morts se trouvait autrefois la mare de Lyon, située à proximité de la porte de Lyon sur la place du même nom. Après le comblement de la mare en 1866, le site fut arboré et équipé d'un portique dédié à l'entraînement mensuel des sapeurs-pompiers le dimanche.

Cantonnement de Zouaves (Cuisines) installé sur la place de Lyon
pendant la première guerre mondiale.

Monument aux morts érigé sur la place Gallieni
après la première guerre mondiale

Vue aérienne de 1955
On y distingue le boulevard du Maréchal-Foch et la place Gallieni, 
au centre de laquelle s'érige le monument aux morts, conçu en forme 
de croix de Croix-de-Guerre ou croix de Malte.
  
Le boulevard du Maréchal-Joffre prolonge le précédent depuis la place Gallieni (à l'emplacement de l'ancien château d'eau) jusqu'à la porte aux Grenouilles, située au niveau de la rue Farnault. Il croise la rue Saint-Jacques et desservait autrefois l'ancienne chapelle Saint-Jacques.

Au fil de son histoire, ce tronçon a porté plusieurs noms successifs :

- « Rue Belhomme » ou « boulevard de la Mare-de-Lyon » jusqu'à la rue Saint-Wulfran ;

- « Boulevard de la Rue-Neuve » entre la rue Saint-Wulfran et la rue Saint-Jacques ;

- « Boulevard Saint-Jacques » au-delà de cette dernière.

L'ensemble fut ensuite unifié sous le nom de « boulevard du Sud », avant d’être rebaptisé boulevard du Maréchal-Joffre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en l'honneur du maréchal Joffre.

Le boulevard Joffre vers 1905 (Carte postale, édition Porquet)
Cliché pris avant l'implantation du château d'eau : 
on remarque que les alignements de tilleuls 
venaient tout juste d'être plantés.

Le boulevard Joffre et le château d’eau vers 1910 (Carte postale)
Édifié au tout début du XXᵉ siècle, le château d'eau 
apparaît ici fraîchement construit.
 Après le démontage de sa cuve au début des années 1990, 
l'édifice fut réaménagé pour accueillir l'office de tourisme, 
désormais installé dans la maison du Moustier de Péronne.

Cadastre Napoléon - Tracé du boulevard de la porte aux grenouilles.
Actuellement bd du maréchal Joffre et Rue Farnault
au niveau de la porte aux grenouilles

Carte postale de la chapelle Saint Jacques 
juste avant sa démolition en 1909

Extrait du cadastre Napoléon du quartier de la chapelle St Jacques
ou se trouvait la porte St Jacques

Carte postale d'un Camp d'instruction des zouaves 
pendant la Première Guerre mondiale.
Érigé à l'emplacement de l'ancienne 
chapelle Saint-Jacques (démolie en 1909).

Le boulevard Sadi-Carnot constitue la partie nouvelle de l'ancien boulevard Grammont, située entre la place Grammont et la rue Farnault. Il a été baptisé sous ce nom en 1894.

Sur le côté droit de ce boulevard ont été construits l'école communale au milieu du XIXᵉ siècle, puis le CES Jean-Cocteau en 1964, ce dernier ayant ensuite été transformé en école primaire Jean-Cocteau en 1978. De l'autre côté, face à l'ancienne école communale, s'est dressée l'ancienne caserne des sapeurs-pompiers entre 1960 et 1978, ensuite utilisée comme atelier et entrepôt par la municipalité et transformé de nos jours en écomusée des pompiers par l'association "la Passion du Rouge".

À noter qu'à l'origine, le boulevard Grammont se terminait en impasse. Ce n'est qu'en 1889 que la Ville a fait l'acquisition de deux parcelles de terrain (les 19 juin et 7 décembre 1889) afin d'assurer la continuité de la voie et de permettre de faire le tour complet des boulevards, comme c'est encore le cas aujourd'hui. Enfin, en face de la porte aux Grenouilles située rue Farnault, s'amorce le boulevard de la Tourelle qui devait rejoindre, à l'époque, les fossés du château.

L'école des garçons vers 1910

Quelques Zouaves réunis devant l'école communale des garçons

Inauguration du CES Jean Cocteau en 1964
en présence de Jean MARAIS

Article sur les pompiers de Milly paru dans le bulletin municipal de 1973.
La photo a été prise devant le centre de secours situé boulevard Sadi-Carnot.

Article sur les pompiers de Milly paru dans le bulletin municipal de 1977  

La place Grammont s'étend de la rue du Lau jusqu'à la rue Langlois et longe le chevet de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption.

D'après un ancien plan manuscrit, la geôle du château se trouvait autrefois à l'extrémité de cette place. Elle tient son nom actuel du duc de Gramont, qui résida au château de Milly avant la Révolution.

Auparavant, celle-ci était appelée « place des Trois-Môles », car l'une des entrées de l'auberge des Trois-Môles y débouchait, au niveau de la rue du même nom, à l'emplacement actuel de l'espace Paul-Bédu. 

La place Grammont photographié du boulevard Sadi Carnot

Extrait de plan cadastre Napoléon
A cette époque le boulevard Sadi Carnot
ne débouchait pas sur la place Grammont

La place Grammont au niveau de la rue Langlois
qui permet de rejoindre le boulevard Félix Eboué

L'ancienne Gendarmerie démolie dans les années 1930
pour construire une nouvelle gendarmerie qui deviendra
par la suite vers 1990 le foyer culturel de la ville.

Gendarmerie construite en 1934 sur le terrain de l'ancienne gendarmerie

Photographie aérienne qui permet de distinguer la continuité
entre le boulevard Sadi Carnot, la place Grammont,
la rue Langlois et le boulevard Félix Eboué.

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